Shaka Ponk : The White Pixel Ape

109_g_458Depuis The Geeks and the Jerkin’ Socks, Shaka Ponk a remonté la pente du succès, et est devenu une icône du rock français, appréciée de tous. Il faut dire que le groupe allie les sonorités en un cocktail détonnant d’énergie et de folie. Écouter du Shaka Ponk c’est prendre un grand bol de fougue dans la face, du genre qui donne le sourire, et envie de bouger. Autant dire que ce nouvel album se devait d’être dans l’idée, et proposer des morceaux aussi catchy que « Let’s Bang », ou « Palabra mi amor ».

A ce niveau c’est presque réussi. Même si il n’y a pas vraiment de morceaux qui m’ont fait le même effet que ceux cités, il y a pas mal de bon à prendre. Je pense par exemple à « Black Listed », avec son côté heavy metal bien sympa qui fait son chemin dans mes oreilles, ou encore « An Eloquent », avec ses petits sons electro. L’album se démarque à mon sens du précédent, en proposant une variété de style plus large. Shaka Ponk est décrit par Wikipédia comme un groupe d’électro rock, alliant le funk, le metal, le hip-hop, et le rock évidemment. A cette liste on pourra également rajouter la folk, le reggea, la pop, voire le rap. Tous ces styles se retrouvent dans The White Pixel Ape, en général mêlés autour du rock, la marque de fabrique du groupe.

L’album commence avec « Lucky G1rl », un morceau d’intro plutot punchy, avec des embruns de pop rock qui viennent rencontrer des passages metal plus couillus, notamment au niveau du refrain. Vient ensuite « Wanna get free », titre hybride qui promeut l’album un peu partout (radio, tv, etc.). La voix enfantine de Samaha déclame sur un rythme électro aux samples remplis de bip bip. Le rock reprend cependant ses droits au refrain, même s’il n’est pas seul. « Monkey on the wall » est un titre plus simple dans ses choix stylistiques. Peu de sons électro, et plus de guitare électrique, pour plus de rock. Un refrain accrocheur, un morceau efficace. Après « Scarify », qui prend le pendant inverse, on arrive sur « Black Listed », probablement le meilleur morceau de l’album. Des onomatopées viennent introduire un riff metal très accrocheur, qui poursuit sur sa lancée avec un morceau rapide et énergique. Pourtant rapidement, un brin de hip-hop vient dire bonjour, et le morceau se transforme du tout au tout. Avant d’enchaîner sur « An Eloquent », où l’électro revient en force, accompagnée de son pote le rock. Les deux rendent un morceau un peu plus posé mais tout aussi catchy.

« WOtz Goin’ON » commence par un brin de folk au banjo, avant de cracher avec force un bon morceau métal de derrière les fagots. Puis c’est au tour de « Story O’ my LF » de tirer son épingle avec une orientation clairement électro-rap, notamment au niveau du couplet, qui ferait presque penser à du Eminem. « Gimme Guitarrrrrrra » est un morceau barré, avec des airs de pop-rock américaine à la Sum 41, ponctué par des couplets chantonnant une petite ritournelle aux allures funky festifs. Une hybridation plutôt sympa. Le morceau suivant, « Last Alone » flirte clairement avec le reggea, avec son rythme a contre-temps et la voix très posée. Le refrain s’énerve un peu avec de la pop-rock très classique. Mention spéciale au pont que j’aime beaucoup. « Altered Native Soul » est simple, mais excellent dans son orientation rock metal très marquée. « Heal Me Kill Me » est la seule chanson « calme » de cet album, et à des allures de chanson pop à l’eau de rose, voire de variété, avec un petit violon qui donne à la chose un petit côté mélancolique. Enfin l’album s’achève sur « 6xLove », un morceau qui malgré son introduction bien lourde (bien metal), reste une conclusion beaucoup plus posée qu’il n’y parait. Electro, pop, rock, et metal viennent se mélanger dans un final bien pensé, et assez catchy. Les sonorités variées se succèdent, et on arrive plus vite que prévu à la fin.

Au final dire que Shaka Ponk sait mélanger les styles est un euphémisme. Cela semble être une seconde nature chez eux. Ce voyage musical d’une heure manie si bien les transitions et les mélanges qu’on brasse pratiquement tous les styles musicaux. Il y en a pour tous les goûts, pour peu qu’on goûte au rock. Ce style est un peu l’épine dorsale du groupe autour duquel viennent se greffer ça et là, qui du métal, qui du hip-hip, qui de l’électro, etc. Point positif également, Shaka Ponk, en plus de son énergie qui fait plaisir à écouter se démarque de la construction classico-chiante couplet/refrain/couplet/refrain/pont/couplet/refrain x2. Les morceaux sont assez déstructurés pour ne pas lasser, et le changement parfois radical de style au milieu même de la chanson viennent renforcer ce sentiment de constamment voyager. Il m’est même arrivé de me demander si on était passé au morceau suivant, alors qu’il n’en n’était rien. Au final The White Pixel Ape est un album « polystyle » dont je ne saurais que trop vous recommander l’écoute. Franchement ça met de bonne humeur !

 

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3 Responses to Shaka Ponk : The White Pixel Ape

  1. sekateur dit :

    Ils passaient à Nîmes le 23 juillet, j’ai hésité à y aller, et puis à cause de ces foutus orages, j’ai renoncé. Je regrette. Même si j’ai eu du mal à me faire à ce bordel pop-rock-électro-funk-danse-reggae, et j’en passe, j’accroche bien. Ça me fait penser à des tas de groupe jouant eux aussi le mélange, comme les Rita Mitsouko, ou Gorillaz, ou d’autres encore… En tout cas, tous les titres me semblent bien travaillés, et trouvent leur place dans ce patchwork à priori improbable, mais finalement très cohérent…
    Merci pour la découverte…

  2. sekateur2 dit :

    J’ai vu un The Black Pixel Ape chez Carrouf… j’ai pas acheté, j’ai eu peur que ce soit l’autre album revu et corrigé « autrement »… ça vaut quoi à ton avis ?

  3. Ben je suis loin d’être un spécialiste de Shaka Ponk. Cependant, au vu des extraits proposés par Deezer, y a des morceaux qui ont l’air bien punchy, et on ressent encore cette diversité de styles en fonction des morceaux. Après j’ai pas écouté très longtemps (extraits oblige), mais j’ai pas l’impression qu’il y ait de vraie identité à ce nouvel album. Il est sans doute pas mauvais, y a des extraits de 30 secondes qui m’ont fait battre la mesure avec ma tête quand même. Donc ca doit être surement un bon album, mais j’ai pas été frappé par une grande différenciation avec le précédent quoi

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