Retro chronique : Dungeon Siege

ImageDungeon Siege appartient à ces jeux qu’on appelle communément les Hack’n’Slash. C’est un sous genre du RPG, qui consiste à avancer dans un couloir géant, et à dézinguer des dizaines de bestioles à la chaine pour augmenter de niveau et devenir plus fort. C’est une sorte de RPG où on ne réfléchit pas à des énigmes, il n’y a pas de choix à faire dans un arbre de compétence, ni de passage de niveaux. Vous vous contentez d’avancer, d’agrandir et de fortifier votre équipe, tout en massacrant tout sur votre passage. Inutile et répétitif ? Pas intéressant, ennuyeux ? Détrompez vous ! Dungeon Siege dégage une certaine aura qui peut vous coller des heures à l’écran tant que votre progression n’est pas radicalement stoppée par un groupe de monstres trop puissant.

Dans Dungeon Siege, vous incarnez une équipe de héros aux diverses habiletés que vous pouvez diriger sur la carte. A l’instar des jeux de stratégie, vous pouvez n’en sélectionner que quelques uns, pour les envoyer à un endroit, ou attaquer une cible en particulier. Vous commencez avec le personnage principal, l’Elu, qui est très polyvalent et que vous pouvez jouer de la façon que vous voulez. Je vous ferais grâce du scénario, qui tient encore une fois malheureusement en quelques mot : un pauvre fermier se trouve être l’Elu, et sa mission est de sauver le monde. Cliché, certes, mais le but de Dungeon Siège est clairement tourné vers l’action. Et en cela, il ne faillit pas. Cet Elu donc, que vous personnalisez à votre convenance est donc envoyé au village le plus proche, envahi par les Krugs, une sorte de race d’orques. De là, il ne pourra plus revenir en arrière, et ainsi commence sa quête. Vous rencontrerez divers PNJ dans votre périple, dont certains pourront être recrutés. Et vous n’aurez jamais trop de bras pour vous défendre ! Les monstres deviennent de plus en plus nombreux et de plus en plus forts.

Chacun de vos héros peut être personnalisé à votre convenance, mais en général, ils ont tous une spécialité, sur laquelle il est plus intéressant de se focaliser. Coté statistique, le jeu est assez simple : 3 attributs, Force, Dextérité, et Intelligence, qui influencent les dégâts au corps à corps, à l’arc et avec la magie. Ces attributs augmentent avec le temps, à mesure que vous attaquez. De la même façon vous avez 4 compétences : Combat corps à corps, Combat à distance, Magie de Guerre, et Magie Naturelle. Ces 4 compétences gagnent des niveaux à mesure que vous les utilisez. En utilisant des arcs, vous augmenterez donc votre Combat à distance, et donc les dégâts infligés avec ce type d’arme. Par ailleurs, la Magie de Guerre utilise principalement des sorts offensifs, agressifs, alors que la Magie Naturelle est un peu plus axée soutien, protection, guérison, etc. Hormis ces stats simples, vous avez évidemment la défense, la vitesse d’attaque, les points de vie, et tout le reste. Cela s’augmente en fonction de vos attributs. 

L’autre part technique dans Dungeon Siege consiste à s’équiper au mieux. Et on ressent bien que l’on est dans un vieux jeu. Point d’ergonomie, on peut passer un bon quart d’heure à s’équiper et à revendre au magasin, afin que tout soit optimal jusqu’à la prochaine halte dans une ville, ou la prochaine rencontre avec un marchand. On est donc dans une logique des plus classique du hack’n’slash : j’avance, je tue, je loot, je vend, je m’équipe, j’avance, je tue… L’équipement et l’inventaire fleure bon le vintage avec ces petites cases qui délimitent l’encombrement. Votre fenêtre d’inventaire est un grand rectangle de plusieurs cases, qui se remplit avec les objets que vous ramassez. Les petits objets, tels les parchemins, les potions prennent une seule cas, mais les épées par exemple prennent une colonne de 3 cases. De même la plupart des armures prennent un carré de 4 cases, quand les arcs prennent souvent 2 colonnes de 3 cases. En somme vos équipements prennent réellement de la place, que vous devrez gérer, car vous ne pouvez de fait pas tout emporter. C’est un système de limite que l’on voit assez peu de nos jours, voire pratiquement plus.

Passé le côté le technique, c’est l’heure de la castagne ! Toutefois ce n’est pas aussi bourrin que ça en à l’air. J’aurais tendance à dire que Dungeon Siege dose subtilement ses ingrédients pour faire un mélange entre action et stratégie. Si cela est peu visible au début, il devient rapidement utile d’user de la pause pour faire de la micro gestion : les deux là, au corps à corps sur un Krug ; l’archer, tu vise un autre ; toi tu passe en mode soin sur l’un des deux au contact, et toi tu balance tes sorts d’attaque. Exemple classique d’un combat Dungeon Siege. D’un autre coté, si le côté stratégique est présent, il reste que le jeu est un véritable couloir, et on pourrait revenir en arrière jusqu’à la maison de notre fermier, sans avoir le moindre chargement de zone. En tant que couloir, la route est toute tracée, et vous n’avez qu’à avancer et tuer tout ce qui passe. Oui parce que les ennemis étant en nombre limités, et ne réapparaissant pas, il faut optimiser votre voyage, et prendre un maximum d’expérience le plus vite possible. Pourtant il serait fou de croire que parce que le jeu est un couloir, on ne cherche pas son chemin. Il y a parfois des bifurcations, qui méritent d’être explorées sous peine d’oublier quelque objet stylé. Qui plus est, les donjons de Dungeon Siege sont réputés pour leur caractère labyrinthique. On y passe en général beaucoup de temps, à en oublier la saveur de la lumière du jour, perdu dans ces immenses couloirs, bifurcations, intersections, interrompu dans notre recherche du chemin par des hordes de bestiaux. C’est probablement ce savant mélange entre stratégie et action qui a fait le succès de Dungeon Siege.

On pourrait dire de Dungeon Siege qu’il a mal vieilli. Le titre de 2002 peut paraitre aujourd’hui bien laid au regard de ce qu’il se fait de nos jours. Ses mécaniques un peu archaïques peuvent également surprendre, voire rebuter les plus jeunes. Cependant ce mélange de RPG, de stratégie, et d’action interrompue en font l’une des licences phare du jeu vidéo, que tout amateur de RPG devrait au moins connaitre. Par ailleurs il ne faudra débourser que sept petits euros sur Steam pour vivre ou revivre une grande quête épique telle que celle-ci.

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