Astérix chez les Pictes – Verdict ?

ImageDepuis les années 60, Astérix ne cesse de faire rire petits et grands avec ses aventures. Pourtant depuis la mort regrettable de Goscinny, son scénariste attitré, on peut constater qu’Astérix a quelque peu décliné au fil des années. Sa popularité a baissé d’album en album, bien que les fans de la première heure n’aient à mon avis pas lâché le Gaulois si facilement. On peut se demander s’il conquiert le jeune public d’aujourd’hui comme il nous avait conquis à l’époque. Par ailleurs, à partir du 25e album, Le grand Fossé, on sent une nette différence dans la narration et l’inspiration. Et pour cause Uderzo assure à lui seul le dessin et le texte. Loin de moi l’idée de dire que « c’était mieux avant », ou qu’Uderzo était un mauvais scénariste ou je ne sais quoi. A mon sens il était juste moins bon, moins habitué à écrire. C’est pourquoi les dernières aventures d’Astérix, à quelques exceptions près (L’odyssée d’Astérix, Astérix et Latraviata), avaient un peu perdu ce souffle si particulier que savait insuffler Goscinny à ses histoires. L’une des déceptions les plus fortes fut en fait la dernière vraie aventure d’Astérix, Le ciel lui tombe sur la tête. Pas mauvais en soi, il est assez atypique, puisqu’il mène les Gaulois dans une espèce de guerre extra terrestre un peu étrange. Beaucoup de fans ont d’ailleurs hurlé au scandale.

 

Avec Astérix chez les Pictes, le petit Gaulois repart donc à l’aventure, et ce nouvel album s’affranchit totalement de ses auteurs d’origine, puisqu’Uderzo a fini par laisser la main. Apparament nombreux sont ceux qui craignent cette émancipation puisque déjà sans Goscinny, c’était un massacre pour certains. Imaginez alors sans Uderzo ! Pour ma part, j’ai eu l’occasion de lire cet album sans aucun préjugé, et avec une certaine curiosité. J’étais très curieux de savoir si le dessin tiendrait le coup, si le nouveau dessinateur, Didier Conrad serait à la hauteur. Mais j’étais aussi bien curieux de savoir si question scénario (le travail de Jean-Yves Ferri), on retrouverait un peu la patte des premiers albums de l’ère Goscinny. Il m’a fallu moins d’une dizaine de pages pour me faire mon avis : la relève est assurée.

Si au début les premières expressions d’Astérix sont parfois imparfaites (yeux décalés notamment), on retrouve bien notre Gaulois préféré au fil des pages. D’ailleurs le style d’Uderzo est tout a fait respecté (de toute façon celui-ci a supervisé de très près le coté dessin), avec ses traits si caractéristiques. Même les nouveaux personnages s’ancrent parfaitement dans ce qui fait la « patte Astérix ». Coté texte, force est de constater qu’on retrouve ses marques, contrairement à ce dont les derniers albums nous avaient habitués. Les Pictes étant les Écossais de l’époque, on pouvait s’attendre à de nombreux gags autour de ce pays, de ses coutumes, de ses noms etc. Et l’on est pas déçu ! Comme chaque peuplade dans Astérix, les Pictes ont également droit à leur noms caractéristiques (-ix chez les Gaulois, -us chez les Romains, -ic chez les Goths, -af chez les Normands, etc.), à savoir Mac-quelque chose, le quelque chose étant dans la plupart des cas un jeu de mot. Astérix et Obélix sont toujours fidèles à eux-même, et leur personnalité est toujours bien retranscrite, au service du comique, notamment pour Obélix. De jeux de mots en blagues et références subtiles, Ferri parvient à mon sens à marcher sur les traces de Goscinny. Le duo me semble donc bien parti, et Astérix chez les Pictes pourrait presque être une des premières aventures du Gaulois, quand ses deux auteurs travaillaient encore dessus. Je pense même que si l’on ne sait pas que les auteurs ont changé, il est difficile voire impossible de le remarquer. 

 

Quoiqu’il en soit, Astérix chez les Pictes est une franche réussite, après les quelques albums un peu décevants crée par Uderzo en solo. La relève est donc assurée, et beaucoup seront rabibochés avec nos héros à braies et à moustaches, que l’on semblait avoir perdus. On attend donc avec impatience Astérix chez les Bataves, prévu pour 2015, afin de confirmer si cette renaissance se poursuit, et si la qualité est définitivement revenue en Gaule.

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