Don’t Starve ou le renouveau du survival (horror ?)

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J-1 : Je me rappelle vaguement de mon réveil douloureux, et d’un type grand et mince à l’air inquiétant qui me disait quelque chose. Le temps que je réalise ce qu’il se passait, il avait disparu, me laissant seul dans un monde étrange.

J-2: La veille, je l’ai passé à récupérer de quoi manger, et à faire un feu. D’étranges bruits alentours m’ont empêché de fermer l’oeil durant la nuit, anormalement noire. Aujourd’hui, après avoir compris que je ne pourrais pas partir d’ici de sitôt, j’ai commencé à travailler à la conception d’un abri.

J-5 : Les nuits sont terriblement effrayantes. Parfois je vois des ombres qui s’approchent de moi. J’ai croisé des cochons et d’immenses buffles. Je commence à comprendre comment m’adapter à cet environnement. J’ai déjà tué une bonne vingtaine de lapins innocents. Cela m’ennuie mais j’ai tellement faim que je n’ai guère d’autres choix.

J-15 : Il fait chaud, et je commence à maitriser la nature. Je me nourris grâce à mes fermes, je cuisine, je cultive différentes ressources. Je ne meurs plus de faim, mais je vois de plus en plus d’ombres. Je me suis battu contre des araignées aussi. J’ai été un peu blessé, mais avec leurs glandes, je devrais pouvoir me soigner. Je profite de la nuit pour écrire. J’entends du bruit au loin. Un grognement sourd. Non… Deux. Ça se rapproche. Je… J’ai peur. Ça grogne encore. J’ai attrapé ma lance. Si quelqu’un trouve ces lignes, je ne serais peut être déjà plus la. Ça grogne de plus en plus fort. Ça se rapproche encore…

Le genre du survival (horror), initié avec des jeux comme Resident Evil, ou Alone in the Dark semble avoir trouvé un étrange et inattendu successeur, à l’heure où il tend de plus en plus vers l’action, et le dézingage de zombie. Don’t Starve, sorti cette année, a en effet de quoi flanquer des frousses au joueur. Derrière un titre qui semble (je dit bien qui semble), ressembler à Minecraft, se cache un jeu au concept à mon avis novateur (j’aime le rétro mais je ne prétend pas tout connaitre).

Ce jeu de survie vous place dans la peau de Wilson, un petit bonhomme qui se retrouve dans un monde hostile où il lui faudra survivre le plus longtemps possible. Et tout semble être dirigé pour vous en faire baver. Il faudra surveiller constamment votre jauge de faim, qui descend vite ; surveiller votre santé mentale sous peine de devenir complètement fou ; et rester en vie face aux attaques des différents monstres qui vous agresseront à vue. Araignées, échassiers, chiens loups, machines, ou encore morses écossais (oui, oui), de nombreux ennemis vous rendront la vie dure. Ah, et faites également attention à l’hiver, où vous pourrez même geler sur place (et mourir, ça va de soi).

Pour survivre dans ce monde, vous avez à votre disposition de nombreuses ressources, qui vous permettront de fabriquer des objets après en avoir conçu un prototype initial, à l’aide de diverses machines (qui a dit craft ?). Ajoutez à ça la possibilité de cultiver tout ce que vous offre la nature, et vous pourrez vous installer et survivre. Ça n’a pas peut-être pas l’air simple, mais malgré la frustration que peut entrainer la mort, qui est définitive (votre partie est complètement effacée quand vous mourrez), vous en retirerez toujours de la gratification, et vous aurez appris quelques chose (ah ok, si je tape la ruche, je me fais agresser par 6 abeilles…).

Ajoutons encore de jolis graphismes, que beaucoup comparent au style de M. Burton, et des musiques plutôt sympathiques et cohérentes, même si elles sont un peu répétitives, et nous pouvons dire que Don’t Starve est un bon jeu. Mieux que ça : une petite pépite indépendante, qui a su se démarquer avec plein de bonnes idées. Jouer à Don’t Starve est également un peu addictif. Mourir donne souvent envie de recommencer, et octroie des points d’expérience, qui servent à déverrouiller de nouveaux personnages, avec leurs avantages et inconvénients.

Alors ici, certes, point de zombie à shooter, ni de mystère à élucider. Le jeu ne vous place pas vraiment dans la peur de croiser la mort à tout moment, ni de laisser votre imagination vous rendre complètement dingue (merci Amnesia !). A la place une aventure unique et changeante (et renouvelable à l’infini), qui vous fera craindre la mort plus que la plupart des jeux actuels. Le fait de voir tout s’effacer ainsi, vous forcera à vous montrer prudent, à craindre les combats les plus élémentaires quand votre santé est faible, à fuir de toutes vos jambes face à certaines créatures, et à craindre comme la peste les attaques de hounds, ces chiens loups qui vous attaquent aléatoirement, en annonçant leur arrivée par de sinistres grognements toujours plus forts.

Le jeu est aussi très varié, ne croyez pas les « les débuts sont toujours les mêmes ». Selon la disposition de votre carte, vous ne jouerez pas de la même façon. Il y a bien des façons de vous nourrir, de combattre, et de mourir. Pour une quinzaine d’euros sur Steam, je vous recommande chaudement ce titre, qui ne cesse d’être mis à jour par son développeur, à l’écoute des joueurs. Vous l’aurez compris, Don’t Starve est une expérience unique, bien différente de Minecraft, d’Amnesia, de Terraria, de Resident Evil, ou de la plupart des jeux de survie/horreur/bac à sable. Si je devais donner une note totalement subjective (ça se fait beaucoup ailleurs après tout), je donnerais un bon 17/20.

Pour résumer :

Bons points : expérience originale, jeu grisant et addictif, univers attachant, vastes possibilités de gameplay, parties toujours différentes, petit prix.

Mauvais points : musiques répétitives, morts frustrantes, on a parfois peur de jouer et de mourir.

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